PERRAULT
2009 | 12 | 22

Charles Perrault, né le 12 janvier 1628 à Paris où il est mort le 16 mai 1703, est un homme de lettres français, resté célèbre pour ses Contes de ma mère l’Oye. L’essentiel de son travail consista en la collecte et la retranscription de contes issus de la tradition orale française. Il est l’un des formalisateurs du genre littéraire écrit du conte merveilleux.
Le chef-d’œuvre de Perrault
En 1683, Perrault, ayant perdu à la fois son poste à l’Académie et sa femme, décide de se consacrer à l’éducation de ses enfants et écrit les Contes de ma mère l’Oye (1697).
Le genre des contes de fées est à la mode dans les salons mondains : les membres de la haute société assistent aux veillées populaires et prennent note des histoires qui s’y racontent. Son recueil intitulé Contes de ma mère l’Oye, où les contes sont à la fois d’inspiration orale (la « Mère l’Oye » désigne la nourrice qui raconte des histoires aux enfants) et littéraire (Boccace avait déjà écrit une première version de Griselidis dans le Décaméron). Le travail que Perrault opère sur cette matière déjà existante, c’est qu’il les moralise et en fait des outils « à l’enseignement des jeunes enfants ». Ainsi, il rajoute des moralités à la fin de chaque conte, signalant quelles valeurs il illustre.
Marc Soriano dit de Perrault qu’il est « le plus méconnu des classiques » : tout le monde connaît ses contes, mais très peu connaissent sa version des contes : ainsi, chez Perrault, le petit chaperon rouge et sa grand-mère finissent mangées par le loup : la version postérieure où le chasseur les sort du ventre est de Grimm. De même, c’est dans Disney que le baiser du prince réveille la Belle au Bois Dormant : chez Perrault, elle se réveille toute seule. Et la postérité a préféré ne garder que ce que Perrault appelait le « conte tout sec », c’est-à-dire le conte de fée, en oubliant les moralités…
Les Contes
| Contes de Perrault
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Les Fées
Les Fées est un conte de Charles Perrault, tiré des Contes de ma mère l’Oye parus en 1697.
Il était une fois une veuve qui avait deux filles ; l’aînée lui ressemblait si fort et d’humeur et de visage, que qui la voyait voyait la mère. Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu’on ne pouvait vivre avec elles. La cadette, qui était le vrai portrait de son Père pour la douceur et pour l’honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu’on eût su voir. Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette. Elle la faisait manger à la Cuisine et travailler sans cesse. Il fallait entre autres chose que cette pauvre enfant allât deux fois le jour puiser de l’eau à une grande demi-lieue du logis, et qu’elle en rapportât plein une grande cruche.
Un jour qu’elle était à cette fontaine, il vint à elle une pauvre femme qui la pria de lui donner à boire. “Oui-da, ma bonne mère”, dit cette belle fille ; et rinçant aussitôt sa cruche, elle puisa de l’eau au plus bel endroit de la fontaine, et la lui présenta, soutenant toujours la cruche afin qu’elle bût plus aisément.
La bonne femme, ayant bu, lui donne pour don, qu’à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une Fleur, ou une Pierre précieuse.” Lorsque cette belle fille arriva au logis, sa mère la gronda de revenir si tard de la fontaine. “Je vous demande pardon, ma mère, dit cette pauvre fille, d’avoir tardé si longtemps” ; et en disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux Roses, deux Perles, et deux gros Diamants. “Que vois-je là ! dit sa mère toute étonnée ; je crois qu’il lui sort de la bouche des Perles et des Diamants ; d’où vient cela, ma fille ?” (ce fut là la première fois qu’elle l’appela sa fille). La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter une infinité de Diamants.
“Vraiment, dit la mère, il faut que j’y envoie ma fille ; tenez, Fanchon, voyez ce qui sort de la bouche de votre soeur quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d’avoir le même don ? Vous n’avez qu’à aller puiser de l’eau à la fontaine, et quand une pauvre femme vous demandera à boire, lui en donner bien honnêtement. – Il me ferait beau voir, répondit la brutale, aller à la fontaine. – Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et tout à l’heure.” Elle y alla, mais toujours en grondant. Elle prit le plus beau Flacon d’argent qui fût dans le logis.
Elle ne fut pas plus tôt arrivée à la fontaine qu’elle vit sortir du bois une Dame magnifiquement vêtue qui vint lui demander à boire : c’était la même Fée qui avait apparu à sa soeur, mais qui avait pris l’air et les habits d’une Princesse, pour voir jusqu’où irait la malhonnêteté de cette fille. “Est-ce que je suis ici venue, lui dit cette brutale orgueilleuse, pour vous donner à boire ? Justement j’ai apporté un Flacon d’argent tout exprès pour donner à boire à Madame ! J’en suis d’avis, buvez à même si vous voulez .– Vous n’êtes guère honnête, reprit la Fée, sans se mettre en colère ; hé bien ! puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu’à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent ou un crapaud.” D’abord que sa mère l’aperçut, elle lui cria : “Hé bien, ma fille ! – Hé bien, ma mère ! lui répondit la brutale, en jetant deux vipères, et deux crapauds. – Ô ciel ! s’écria la mère, que vois-je là ? C’est sa soeur qui en est cause, elle me le paiera” ; et aussitôt elle courut pour la battre.
La pauvre enfant s’enfuit, et alla se sauver dans la Forêt prochaine. Le fils du Roi qui revenait de la chasse la rencontra et la voyant si belle, lui demanda ce qu’elle faisait là toute seule et ce qu’elle avait à pleurer. “Hélas ! Monsieur, c’est ma mère qui m’a chassée du logis.” Le fils du Roi, qui vit sortir de sa bouche cinq ou six Perles, et autant de Diamants, la pria de lui dire d’où cela lui venait. Elle lui conta toute son aventure. Le fils du Roi en devint amoureux, et considérant qu’un tel don valait mieux que tout ce qu’on pouvait donner en mariage à un autre, l’emmena au Palais du Roi son père, où il l’épousa.
Pour sa soeur, elle se fit tant haïr, que sa propre mère la chassa de chez elle ; et la malheureuse, après avoir bien couru sans trouver personne qui voulût la recevoir, alla mourir au coin d’un bois.
Le conte
Ce conte a une source littéraire : le Pentamerone de Basile. Il est à rapprocher de celui de Cendrillon, puisqu’il porte sur les problèmes de fratrie. Ici, la cadette subit une injustice de la part de sa sœur, on assiste également à la revanche de l’enfant sur sa famille. Au sein du texte il y a une forte symbolique tant au niveau des objets qu’au niveau du conte en général… Les roses, les diamants et les perles représentent toutes les qualités de la cadette tandis que les crapauds et les serpents représentent le dégoût que l’aînée peut engendrer. Aussi de nombreuses stéréotypies sont à l’origine de la morale facile d’accès. Stéréotypie des personnages, des relations,de la société… Le lecteur se divertit donc grâce à ce conte et peut en tirer plusieurs morales : que la gentillesse est toujours récompensée mais également qu’il faut rester courtois avec n’importe quelle personne quelle que soit son apparence.
Et comme Noël s’approche, voici un autre conte mais maintenant c’est à vous de le conclure.
Une histoire terrible des Rois Mages
La nuit pâlissait peu à peu, chassée par l’aurore , qui commençait à arriver avec ses frimas blancs, mais ce n’était pas n’importe quelle nuit, c’était celle des Rois Mages.
Dans son chameau presque vide Balthazar sentait la fatigue l’envahir jusqu’à ses vieux os. Il lui restait encore trois maisons à visiter et sa distribution serait terminée pour cette année. Une fois de plus, il avait bien fait son travail malgré les enfants de plus en plus nombreux dans le monde, il était fatigué mais si content.
Il stoppa le chameau devant une maison où la cheminée était si large qu’il apprécia d’y pouvoir passer sa hotte sans être obligé pour une fois de se tordre dans tous les sens !
Surtout à la fin de sa longue nuit !
Arrivé dans la chambre du petit Thomas, il entra silencieusement comme lui seul sait le faire, pour y déposer les jouets. L’enfant dormait,souffle léger, bouche arrondie. Balthazar s’apprêtait à sortir quand il entendit :
Hé ! t’en va pas comme ça, parce que moi, j’ai quelque chose à te dire !
Surpris le vieux bonhomme se retourna, Thomas était assis au milieu du lit, tout ébouriffé mais avec l’air bien éveillé de quelqu’un qui guettait.
Chut ! dit Baltasar un doigt dans la bouche , tu vas réveiller toute la maison en criant comme ça !
Qu’est-ce que ça peut faire puisque t’ existes même pas !
Ah ! Et c’est qui alors que tu as devant toi un fantôme peut-être, ou un hologramme ?
Pfff ! T’aurais pu être mon père qui se serait déguisé en Roi Mage,mais même pas, t’es juste quelqu’un à qui il a demandé de le faire à sa place.
C’est pareil chez mes copains, mais les parents savent même pas que nous, on n’y croit plus. D’ailleurs y a plus que les bébés pour y croire, c’est normal leur cerveau n’est pas encore aussi grand pour réfléchir alors on leur fait croire n’importe quoi.
Balthazar n’était pas ébranlé par un pareil discours, il n’en avait tellement entendu depuis longtemps, mais ce n’était pas non plus des choses qui lui faisaient particulièrement plaisir ! Il se contenta de redemander à Thomas de se coucher ou de jouer en silence, et il s’approcha pour lui faire quand même un bisou.
Hé, ça va pas ! cria Thomas en se reculant. Chuis pas un bébé ou une fille pour me faire subir ça, alors que t’es qu’un bouffon déguisé en quelqu’un qui n’existe pas ! Je le sais parce que c’est le grand Alexis qui me l’a dit après avoir entendu ses parents le dire.T’as été inventé ,t’es rien d’autre qu’une entité !
Balthazar se figea ! Une entité ! c’est-à-dire quelqu’un qui n’existe pas réellement mais dont on fait croire à l’existence. Là ça dépassait tout ! On ne lui avait jamais dit ce mot ! Il regardait Thomas comme si l’enfant avait été un extra-terrestre ou une autriche à nageoire. Et comme il n’en croyait pas ses yeux justement, ni ses oreilles, il préféra sortir.
De retour sur son chameau, il resta un instant immobile, sans même donner au chameau l’ordre de démarrer. C’est alors qu’il entendit l’enfant lui crier depuis la fenêtre :
- Quand j’ai appris tout ça j’ai tellement pleuré que je suis content de me venger en te disant que je sais tout ! comme ça c’est à ton tour d’être déçu en voyant que je marche plus dans vos histoires ! J’ai six ans quand même !
Balthazar resta longtemps immobile assommé. « Inventé » venait de lui crier le petit Thomas ,ça lui fichait un drôle de coup !
Le grand froid lui perçait le manteau bleu pourtant épais et ça ne lui plaisait vraiment pas, mais alors pas du tout. Quelque chose de désagréable venait d’envahir son esprit joyeux. Quelque chose lui ressemblait à un doute.
Devant les chameaux s’impatientaient…….
Et maintenat vous devez finir le conte!….



