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PERRAULT

 

 

Charles Perrault, né le 12 janvier 1628 à Paris où il est mort le 16 mai 1703, est un homme de lettres français, resté célèbre pour ses Contes de ma mère l’Oye. L’essentiel de son travail consista en la collecte et la retranscription de contes issus de la tradition orale française. Il est l’un des formalisateurs du genre littéraire écrit du conte merveilleux.

Le chef-d’œuvre de Perrault

En 1683, Perrault, ayant perdu à la fois son poste à l’Académie et sa femme, décide de se consacrer à l’éducation de ses enfants et écrit les Contes de ma mère l’Oye (1697).

Le genre des contes de fées est à la mode dans les salons mondains : les membres de la haute société assistent aux veillées populaires et prennent note des histoires qui s’y racontent. Son recueil intitulé Contes de ma mère l’Oye, où les contes sont à la fois d’inspiration orale (la « Mère l’Oye » désigne la nourrice qui raconte des histoires aux enfants) et littéraire (Boccace avait déjà écrit une première version de Griselidis dans le Décaméron). Le travail que Perrault opère sur cette matière déjà existante, c’est qu’il les moralise et en fait des outils « à l’enseignement des jeunes enfants ». Ainsi, il rajoute des moralités à la fin de chaque conte, signalant quelles valeurs il illustre.

Marc Soriano dit de Perrault qu’il est « le plus méconnu des classiques » : tout le monde connaît ses contes, mais très peu connaissent sa version des contes : ainsi, chez Perrault, le petit chaperon rouge et sa grand-mère finissent mangées par le loup : la version postérieure où le chasseur les sort du ventre est de Grimm. De même, c’est dans Disney que le baiser du prince réveille la Belle au Bois Dormant : chez Perrault, elle se réveille toute seule. Et la postérité a préféré ne garder que ce que Perrault appelait le « conte tout sec », c’est-à-dire le conte de fée, en oubliant les moralités…

Les Contes

Contes de Perrault

 


http://www.alyon.asso.fr/litterature/livres/XVIII/esprit_salon/perrault/

http://www.litteratureaudio.com/

 Les Fées

Les Fées est un conte de Charles Perrault, tiré des Contes de ma mère l’Oye parus en 1697.

Il était une fois une veuve qui avait deux filles ; l’aînée lui ressemblait si fort et d’humeur et de visage, que qui la voyait voyait la mère. Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu’on ne pouvait vivre avec elles. La cadette, qui était le vrai portrait de son Père pour la douceur et pour l’honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu’on eût su voir. Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette. Elle la faisait manger à la Cuisine et travailler sans cesse. Il fallait entre autres chose que cette pauvre enfant allât deux fois le jour puiser de l’eau à une grande demi-lieue du logis, et qu’elle en rapportât plein une grande cruche.

Un jour qu’elle était à cette fontaine, il vint à elle une pauvre femme qui la pria de lui donner à boire. “Oui-da, ma bonne mère”, dit cette belle fille ; et rinçant aussitôt sa cruche, elle puisa de l’eau au plus bel endroit de la fontaine, et la lui présenta, soutenant toujours la cruche afin qu’elle bût plus aisément.

La bonne femme, ayant bu, lui donne pour don, qu’à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une Fleur, ou une Pierre précieuse.” Lorsque cette belle fille arriva au logis, sa mère la gronda de revenir si tard de la fontaine. “Je vous demande pardon, ma mère, dit cette pauvre fille, d’avoir tardé si longtemps” ; et en disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux Roses, deux Perles, et deux gros Diamants. “Que vois-je là ! dit sa mère toute étonnée ; je crois qu’il lui sort de la bouche des Perles et des Diamants ; d’où vient cela, ma fille ?” (ce fut là la première fois qu’elle l’appela sa fille). La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter une infinité de Diamants.

“Vraiment, dit la mère, il faut que j’y envoie ma fille ; tenez, Fanchon, voyez ce qui sort de la bouche de votre soeur quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d’avoir le même don ? Vous n’avez qu’à aller puiser de l’eau à la fontaine, et quand une pauvre femme vous demandera à boire, lui en donner bien honnêtement. – Il me ferait beau voir, répondit la brutale, aller à la fontaine. – Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et tout à l’heure.” Elle y alla, mais toujours en grondant. Elle prit le plus beau Flacon d’argent qui fût dans le logis.

Elle ne fut pas plus tôt arrivée à la fontaine qu’elle vit sortir du bois une Dame magnifiquement vêtue qui vint lui demander à boire : c’était la même Fée qui avait apparu à sa soeur, mais qui avait pris l’air et les habits d’une Princesse, pour voir jusqu’où irait la malhonnêteté de cette fille. “Est-ce que je suis ici venue, lui dit cette brutale orgueilleuse, pour vous donner à boire ? Justement j’ai apporté un Flacon d’argent tout exprès pour donner à boire à Madame ! J’en suis d’avis, buvez à même si vous voulez .– Vous n’êtes guère honnête, reprit la Fée, sans se mettre en colère ; hé bien ! puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu’à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent ou un crapaud.” D’abord que sa mère l’aperçut, elle lui cria : “Hé bien, ma fille ! – Hé bien, ma mère ! lui répondit la brutale, en jetant deux vipères, et deux crapauds. – Ô ciel ! s’écria la mère, que vois-je là ? C’est sa soeur qui en est cause, elle me le paiera” ; et aussitôt elle courut pour la battre.

La pauvre enfant s’enfuit, et alla se sauver dans la Forêt prochaine. Le fils du Roi qui revenait de la chasse la rencontra et la voyant si belle, lui demanda ce qu’elle faisait là toute seule et ce qu’elle avait à pleurer. “Hélas ! Monsieur, c’est ma mère qui m’a chassée du logis.” Le fils du Roi, qui vit sortir de sa bouche cinq ou six Perles, et autant de Diamants, la pria de lui dire d’où cela lui venait. Elle lui conta toute son aventure. Le fils du Roi en devint amoureux, et considérant qu’un tel don valait mieux que tout ce qu’on pouvait donner en mariage à un autre, l’emmena au Palais du Roi son père, où il l’épousa.

Pour sa soeur, elle se fit tant haïr, que sa propre mère la chassa de chez elle ; et la malheureuse, après avoir bien couru sans trouver personne qui voulût la recevoir, alla mourir au coin d’un bois.

Le conte

Ce conte a une source littéraire : le Pentamerone de Basile. Il est à rapprocher de celui de Cendrillon, puisqu’il porte sur les problèmes de fratrie. Ici, la cadette subit une injustice de la part de sa sœur, on assiste également à la revanche de l’enfant sur sa famille. Au sein du texte il y a une forte symbolique tant au niveau des objets qu’au niveau du conte en général… Les roses, les diamants et les perles représentent toutes les qualités de la cadette tandis que les crapauds et les serpents représentent le dégoût que l’aînée peut engendrer. Aussi de nombreuses stéréotypies sont à l’origine de la morale facile d’accès. Stéréotypie des personnages, des relations,de la société… Le lecteur se divertit donc grâce à ce conte et peut en tirer plusieurs morales : que la gentillesse est toujours récompensée mais également qu’il faut rester courtois avec n’importe quelle personne quelle que soit son apparence.

Et comme Noël s’approche, voici un autre conte mais maintenant c’est à vous de le conclure.

Une histoire terrible des Rois Mages

La nuit pâlissait peu à peu, chassée par l’aurore , qui commençait à arriver avec ses frimas blancs, mais ce n’était pas n’importe quelle nuit, c’était celle  des Rois Mages.

Dans son chameau presque vide Balthazar sentait la fatigue l’envahir jusqu’à ses vieux os. Il lui restait encore trois maisons à visiter et sa distribution serait terminée pour cette année. Une fois de plus, il avait bien fait son travail malgré les enfants de plus en plus nombreux dans le monde, il était  fatigué mais si content.

Il stoppa le chameau devant une maison où la cheminée était si large qu’il apprécia d’y pouvoir passer sa hotte sans être obligé pour une fois de se tordre dans tous les sens !

Surtout à la fin de sa longue nuit !

Arrivé dans la chambre du petit Thomas, il entra silencieusement comme lui seul sait le faire, pour y déposer les jouets. L’enfant dormait,souffle léger, bouche arrondie. Balthazar s’apprêtait à sortir quand il entendit :

Hé ! t’en va pas comme ça, parce que moi, j’ai quelque chose à te dire !

Surpris le vieux bonhomme se  retourna, Thomas était assis au milieu du lit, tout ébouriffé mais avec l’air bien éveillé de quelqu’un qui guettait.

Chut ! dit Baltasar un doigt dans la bouche , tu vas réveiller toute la maison en criant comme ça !

Qu’est-ce que ça peut faire puisque t’ existes même pas !

Ah ! Et c’est qui alors que tu as devant toi un fantôme peut-être, ou un hologramme ?

Pfff ! T’aurais pu être mon père qui se serait déguisé en Roi Mage,mais même pas, t’es juste quelqu’un à qui il a demandé de le faire à sa place.

C’est pareil chez mes copains, mais les parents savent même pas que nous, on n’y croit plus. D’ailleurs y a plus que les bébés pour y croire, c’est normal leur cerveau n’est pas encore aussi grand pour réfléchir alors on leur fait croire n’importe quoi.

Balthazar n’était pas ébranlé par un pareil discours, il n’en avait  tellement entendu depuis longtemps, mais ce n’était pas non plus des choses qui lui faisaient particulièrement plaisir ! Il se contenta de redemander à Thomas de se coucher ou de jouer en silence, et il s’approcha pour lui faire quand même un bisou.

Hé, ça va pas ! cria Thomas en  se reculant. Chuis pas un bébé ou une fille pour me faire subir ça, alors que t’es qu’un bouffon déguisé en quelqu’un qui n’existe pas ! Je le sais parce que c’est le grand Alexis qui me l’a dit après avoir entendu ses parents le dire.T’as été inventé ,t’es rien d’autre qu’une entité !

Balthazar se figea ! Une entité ! c’est-à-dire quelqu’un qui n’existe pas réellement mais dont on fait croire à l’existence. Là ça dépassait tout ! On ne lui avait jamais dit ce mot ! Il regardait Thomas comme si l’enfant avait été un extra-terrestre ou une autriche à nageoire. Et comme il n’en croyait pas ses yeux justement, ni ses oreilles, il  préféra sortir.

De retour sur son chameau, il resta un instant immobile, sans même donner au chameau l’ordre de démarrer. C’est alors qu’il entendit l’enfant lui crier depuis la fenêtre :

- Quand j’ai appris tout ça j’ai tellement pleuré que je suis content  de me venger en te disant que je sais tout ! comme ça c’est à ton tour d’être déçu en voyant que je marche plus dans vos histoires ! J’ai six ans quand même !

Balthazar resta longtemps immobile assommé. « Inventé » venait de lui crier le petit Thomas ,ça lui fichait un drôle de coup !

Le grand froid lui perçait le manteau bleu pourtant épais et ça ne lui plaisait vraiment pas, mais alors pas du tout. Quelque chose de désagréable venait d’envahir son esprit joyeux. Quelque chose lui ressemblait à un doute.

Devant les chameaux s’impatientaient…….

Et maintenat vous devez finir le conte!….

QUE PEUT-ON LIRE À NOËL: NOUVEAUTÉS

Voici une sélection de cinq romans francophones primés ces derniers mois.  À vous de choisir votre roman favori!

Frédéric Beigbeder :

  

Prix Renaudot

 Frédéric Beigbeder reçoit le Prix Renaudot 2009, pour Un roman français (Grasset).

Dans Un roman français, Frédéric Beigbeder revient parallèlement sur son enfance au milieu des livres et sur l’épisode judiciaire qu’il a connu récemment. Ce dernier roman, plus intime, tranche avec le reste de l’œuvre de l’écrivain.
Frédéric Beigbeder met fin à la disette de son éditeur Grasset, qui n’avait plus reçu le Renaudot depuis 10 ans. Pour l’écrivain, c’est un second prix littéraire, après l’Interallié reçu en 2003 pour Windows of the world. Un roman français, de Frédéric Beigbeder, éditions Grasset, 18 euros.  

Yannick Haenel :    

  

 Prix Interallié

Le jury Interallié vient de remettre son prix à Yannick Haenel pour son roman Jan Karski (Gallimard), une récompense qui clôt la saison des prix d’automne.

“C’est un livre qui parle de la Résistance polonaise, d’un Juste qui a sauvé des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale”, a expliqué le lauréat après l’annonce du jury : “Le livre s’appelle Jan Karski, il y a deux noms sur la couverture, le plus important n’est pas le mien”.
Dans ce récit poignant, à mi-chemin entre le témoignage historique et la fiction, Yannick Haenel se met dans la peau de l’historien puis du romancier, pour mieux dénoncer les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Jan Karski, de Yannick Haenel, éditions Gallimard, 16,50 euros.

  

Jean-Philippe Toussaint :   

  

Prix  Décembre

Jean-Philippe Toussaint reçoit le Prix Décembre 2009 pour son roman La vérité sur Marie (Minuit).

L’écrivain français, finaliste malheureux du Goncourt, est couronné par le prix le plus doté d’automne. Le gain du Prix Décembre s’élève à 30000 euros, versés par le mécène Pierre Bergé.
La vérité sur Marie, c’est le troisième volet d’une magnifique trilogie sur l’amour, ses passages à vide et ses élans de tendresse.  La vérité sur Marie, de Jean-Philippe Toussaint, éditions de Minuit, 14,50 euros

Pierre Michon : Grand Prix de

 l’Académie Française

Ça y est : la saison des prix littéraire est ouverte. Et le premier à ouvrir le bal, c’est le Grand Prix de l’Académie française qui récompense cette année le roman de Pierre Michon, Les Onze (Verdier).

Les Onze, c’est l’histoire d’un peintre, François-Elie Corentin, et de son tableau, Les Onze. C’est aussi et surtout l’histoire d’une époque, celle de la Terreur avec son Robespierre et ses journées ensanglantées.
Le jury du Grand Prix de l’Académie a préféré Robespierre à Charles de Sévigné, héros du Moins aimé, roman de Bruno de Cessole, en compétition pour ce prix.
Le jury a préféré une époque où l’on tranchait des têtes, plutôt que celle où l’on se payait la tête de ses voisins, formidablement illustrée dans Loin, le roman de Renaud Camus, le troisième concurrent pour ce prix. Les Onze, de Pierre Michon, éditions Verdier, 136 pages, 14 euros.  

“Le dernier vol de Lancaster” : 

  pourquoi il faut le lire?

            Affiche du film

                              

Le premier roman de Sylvain Estibal a été adapté au cinéma avec, dans les rôles principaux, Marion Cotillard et Guillaume Canet. Le film vient de sortir, ça nous laisse un peu de temps pour lire cette bouleversante histoire.

Thèmes : Aviation – Désert – Amour Émouvant, empli d’amour et d’espoir, à lire d’urgence avant de voir le film. En 1933, le pilote américain Bill Lancaster décide de battre le record Londres-Le Cap. Alors qu’il survole le désert du Sahara, l’avion fait des ratés et s’écrase. Bill, blessé au visage, tente de survivre en rationnant ses réserves d’eau. Il consigne ses impressions et son amour pour sa fiancée et sa mère dans un petit carnet, qui sera retrouvé et publié en 1962.
L’écrivain Sylvain Estibal s’est emparé de ce fait divers pour donner corps à son premier roman. Au fil des pages, il mêle adroitement les journaux intimes de Bill et sa fiancée, des lettres familiales, des coupures de presse, des articles scientifiques pour reconstituer le puzzle de ce drame. Le dernier vol de Lancaster, de Sylvain Estibal, éditions Actes Sud, collection Babel, 7,50 euros.                                                                                 

Commentaires tirés de Grazia.fr

JACQUES PRÉVERT

Contes de Jacques Prévert  

Contes pour enfants pas sages

          

          L’AUTRUCHE

 

Lorsque le Petit Poucet abandonné dans la forêt sema des cailloux pour retrouver son chemin, il ne se doutait pas qu’une autruche le suivait et dévorait les cailloux un à un.
C’est la vraie histoire celle-là, c’est comme ça que c’est arrivé…
Le fils Poucet se retourne : plus de cailloux !
Il est définitivement perdu, plus de cailloux, plus de maison ; plus de maison, plus de papa-maman.
“C’est désolant”, se dit-il entre ses dents.
Soudain il entend rire et puis le bruit des cloches et le bruit d’un torrent, des trompettes, un véritable orchestre, un orage de bruits, une musique brutale, étrange mais pas du tout désagréable et tout à fait nouvelle pour lui. Il passe alors la tête à travers le feuillage et voit l’autruche qui danse, qui le regarde, s’arrête de danser et lui dit :
L’autruche : “C’est moi qui fait ce bruit, je suis heureuse, j’ai un estomac magnifique, je peux manger n’importe quoi. “Ce matin, j’ai mangé deux cloches avec leur battant, j’ai mangé deux trompettes, trois douzaines de coquetiers, j’ai mangé une salade avec son saladier, et les cailloux blancs que tu semais, eux aussi, je les ai mangés. Monte sur mon dos, je vais très vite, nous allons voyager ensemble.”
“Mais, dit le fils Poucet, mon père et ma mère je ne les verrai plus ?”
L’autruche : “S’ils t’ont abandonné, c’est qu’ils n’ont pas envie de te revoir de sitôt.”
Le Petit Poucet : “Il y a sûrement du vrai dans ce que vous dites, madame l’Autruche.”
L’autruche : “Ne m’appelle pas madame, ça me fait mal aux ailes, appelle-moi Autruche tout court.”
Le Petit Poucet : “Oui, Autruche, mais tout de même, ma mère, n’est-ce pas !”
L’autruche (en colère) : “N’est-ce pas quoi ? Tu m’agaces à la fin et puis, veux-tu que je te dise, je n’aime pas beaucoup ta mère, à cause de cette manie qu’elle a de mettre toujours des plumes d’autruche sur son chapeau…”
Le fils Poucet : “Le fait est que ça coûte cher… mais elle fait toujours des dépenses pour éblouir les voisins.”
L’autruche : “Au lieu d’éblouir les voisins, elle aurait mieux fait de s’occuper de toi, elle te giflait quelquefois.”
Le fils Poucet : “Mon père aussi me battait”
L’autruche : “Ah, monsieur Poucet te battait, c’est inadmissible. Les enfants ne battent pas leurs parents, pourquoi les parents battraient-ils leurs enfants ? D’ailleurs monsieur Poucet n’est pas très malin non plus, la première fois qu’il a vu un oeuf d’autruche, sais-tu ce qu’il a dit ?”
Le fils Poucet : “Non”
L’autruche : “Eh bien, il a dit “Ca ferait une belle omelette !”
Le fils Poucet (rêveur) : “Je me souviens, la première fois qu’il a vu la mer, il a réfléchi quelques secondes et puis il a dit : “Quelle grande cuvette, dommage qu’il n’y ait pas de ponts.” “Tout le monde a ri mais moi j’avais envie de pleurer, alors ma mère m’a tiré les oreilles et m’a dit : “Tu ne peux pas rire comme les autres quand ton père plaisante !” Ce n’est pas ma faute, mais je n’aime pas les plaisanteries des grandes personnes…”
L’autruche : “… Moi non plus, grimpe sur mon dos, tu ne verras plus tes parents, mais tu verras du pays.”
“Ca va”, dit le petit Poucet et il grimpe.
Au grand triple galop l’oiseau et l’enfant démarrent et c’est un très gros nuage de poussière.
Sur le pas de leur porte, les paysans hochent la tête et disent : “Encore une de ces sales automobiles !”
Mais les paysannes entendent l’autruche qui carillonne en galopant :
“Vous entendez les cloches, disent-elles en se signant, c’est une église qui se sauve, le diable sûrement court après.”
Et tous de se barricader jusqu’au lendemain matin, mais le lendemain l’autruche et l’enfant sont loin.

               LE DOMADAIRE MÉCONTENT

 

Un jour, il y avait un jeune dromadaire qui n’était pas content du tout. La veille, il avait dit a ses amis: “Demain, je sors avec mon père et ma mère, nous allons entendre une conférence, voilà comme je suis moi!”Et les autres avaient dit: “Oh, oh, il va entendre une conférence, c’est merveilleux”, et lui n’avait pas dormi de la nuit tellement il était impatient, et voilà qu’il n’était pas content parce que la conférence n’était pas du tout ce qu’il avait imaginé : il n’y avait pas de musique et il était déçu, il s’ennuyait beaucoup, il avait envie de pleurer.Depuis une heure trois quarts un gros monsieur parlait. Devant le gros monsieur il y avait un pot à eau et un verre à dents sans la brosse et, de temps en temps, le. monsieur versait de l’eau dans le verre, mais il ne se lavait jamais les dents et visiblement irrité il parlait d’autre chose, c ‘est-à-dire des dromadaires et des chameaux.Le jeune dromadaire souffrait de la chaleur, et puis sa bosse le gênait beaucoup; elle frottait contre le dossier du fauteuil, il était très mal assis il remuait.Alors sa mère lui disait: “Tiens-toi tranquille, laisse parler le monsieur”, et elle lui pinçait la bosse; le jeune dromadaire avait de plus en plus envie de pleurer, de s’en aller…Toutes les cinq minutes, le conférencier répétait: “Il ne faut surtout pas confondre les dromadaires avec les chameaux, j’attire, mesdames, messieurs et chers dromadaires votre attention sur ce fait: le chameau a deux bosses mais le dromadaire n’en a qu’une!” Tous les gens, de la salle disaient: “Oh, oh, très intéressant”, et les chameaux, les dromadaires, les hommes les femmes et les enfants prenaient des notes sur leur petit calepin.Et puis le conférencier recommençait: “Ce qui différencie les deux animaux c’est que le dromadaire n a qu’une bosse, tandis que, chose étrange et utile à savoir, le chameau en a deux … “A la fin le jeune dromadaire en eut assez et, se précipitant sur l’estrade, il mordit le conférencier :”Chameau! ” dit le conférencier furieux.Et tout le monde dans la salle criait: “Chameau, sale chameau, sale chameau!”Pourtant c’était un dromadaire, et il était très propre.

         L’ÉLÉPHANT DE MER

 

Celui-là c’est l’éléphant de mer, mais il n’en sait rien. L’éléphant de mer ou l’escargot de Bourgogne, ça n’a pas de sens pour lui, il se moque de ces choses-là, il ne tient pas ‘à être quelqu’un. Il est assis sur le ventre parce qu’il se trouve bien assis comme ça: chacun a le droit de s’asseoir ‘ sa guise.Il est très s content parce que le gardien lui donne des poissons, des poissons vivants.Chaque jour, il mange des kilos et des kilos de poissons vivants, c est embêtant pour les poissons vivants parce qu’après ça ils sont morts, mais chacun a le droit de manger à sa guise…Il les mange sans faire de manières, très vite, tandis que l’homme quand il mange une truite, il la jette d’abord dans l’eau bouillante et après l’avoir mangée, il en parle encore pendant des jours, des jours et des années.”Ah, quelle truite, mon cher, vous vous souvenez!” Etc., etc.Lui, l’éléphant de mer, mange simplement, il a un très bon petit oeil, mais quand il est en colère, son nez en forme de trompe se dilate et ça fait peur à tout le monde.Son gardien ne lui fait pas de mal… On ne sait jamais ce qui peut arriver…Si tous les animaux se fâchaient, ce serait une drôle d’histoire.Vous voyez ça d’ici, mes petits amis, l’armée des éléphants de terre et de mer arrivant à Paris. Quel gâchis…L’éléphant de mer ne sait rien faire d’autre que de manger du poisson, mais c’est une chose qu’il fait très bien. Autrefois, il y avait paraît-il des éléphants de mer qui jonglaient avec des armoires à glace, mais on ne peut pas savoir si c’est vrai… personne ne veut plus prêter son armoire!L’armoire pourrait tomber, la glace pourrait se casser, ça ferait des frais, l’homme aime bien les animaux, mais il tient davantage à ses meubles…… L’éléphant de mer, quand on ne l’ennuie pas, est heureux comme un roi beaucoup plus heureux qu’un roi, parce qu’il peut s’asseoir sur le ventre quand ça lui fait plaisir alors que le roi même sur le trône, est toujours assis sur son derrière.

BIOGRAPHIE DE JACQUES PRÉVERT

Biographie de Jacques Prévert

“Quand je ne serai plus, ils n’ont pas fini de déconner.
Ils me connaîtront mieux que moi-même”
 

 
  

Les dates principales de la vie de Jacques Prévert:
1900, 4 février Naissance à Neuilly sur Seine. Il est le deuxième fils de Suzanne et André Prévert. L’aîné, Jean, a deux ans.
1906 Naissance de son deuxième frère, Pierre, auquel il sera très attaché tout au long de sa vie. Son père perd son emploi et la famille a de graves difficultés financières pendant un an.
1907 Jacques rentre à l’école. Son père l’inite au théatre et à la lecture. Son père retrouve un travail offert par Auguste, son grand-père. Jacques n’apprécie guere son grand-père qu’il considerera plus tard comme un royaliste et conservateur.
1911 Il recoit son certificat d’études et a de petits boulots. Il est un adolescent plutot turbulant mais commence à se passionner pour la lecture et la poésie.
1920 Service militaire à Saint-Nicolas-de-Port, près de Lunéville. Il rencontre le peintre Yves Tanguy. Jacques est envoyé en Turquie.
1921 Pendant son service militaire à Constantinople en Turquie, il rencontre Marcel Duhamel.
1922 Jacques retourne a Paris ou il est hebergé par son ami Marcel Duhamel au 54 rue du Château (dans le XIVème arrondissement). Yves Tangui habite avec eux.
1924 Le 54 rue du Château devient l’endroit de rencontre du mouvement surréaliste avec André Breton, Desnos et Aragon. Jacques participe activement au groupe.
1925 Mariage le 30 avril avec Simone Dienne, son amie d’enfance.
1928 Prévert, Tanguy et Duhamel quittent la rue du Château après un différent avec Breton.
1930 Jacques critique ouvertement Breton et quitte le mouvement surréaliste. Publication par les membres du mouvement surréaliste de “Un cadavre”. Le texte de Jacques est intitulé “Mort d’un Monsieur” et il en profite pour publier “Souvenirs de famille ou l’Ange garde-chiourme”, qui paraît dans Bifur.
1932 Jacques fonde le groupe Octobre et en devient le principal auteur. Il écrit les sketches de la troupe pour le théatre populaire.
1933 Voyage à Moscou avec le groupe Octobre, qui y donne “La Bataille de Fontenoy”.
1934 Il fait la connaissance d’un musicien démuni, venant de Budapest, Joseph Kosma.
1935 Il écrit les dialogues du film “Crime de Monsieur Lange” de Jean Renoir. Il se sépare de sa femme Simone.
1936 Il fréquente une nouvelle femme Jacqueline Laurent et voyage avec elle aux Baleares. Le groupe Octobre s’arrête et Jacques prend ses distances avec le mouvement communiste. Mort de son père.
1938 Il écrit le scénario de “Quai des Brumes” un film de Marcel Carne avec Jean Gabin et Michèle Morgan. Voyage aux États-Unis pour retrouver son amour du moment, Jacqueline.
1939 Il écrit le scénario de “Le jour se lève” avec Marcel Carné et les acteurs Jean Gabin et Arletty.
1940 Jacques est réformé pendant la deuxième guerre mondiale. Il quitte Paris et descend à Saint-Paul-de-Vence dans le midi avec sa nouvelle amie Claudy Carter. Kosma et Trauner travaillent avec lui dans la clandestinité à des films.
1941 Il écrit le scenario de “Les Visiteurs du soir” avec Marcel Carné et les acteurs Jules Berry et Arletty.
1943 Jacques s’éprend de Janine Loris.
1944 Il écrit le scénario de “Les Enfants du Paradis” de Marcel Carné avec les acteurs Jean-Louis Barrault et Arletty.
1945 Mort de sa mère. Son premier recueil de poemes “Paroles” est achevé et sera vendu a 2 millions d’examplaires.
1946 Naissance de la fille de Jacques et Janien: Michèle.
1947 Il publie les “Visiteurs du soir,” et “Contes pour enfants pas sages” avec des illustrations d’Elsa Henriquez. Il se marie avec Janine.
1948 Il tombe d’une porte-fenetre et il reste plusieurs jours dans le coma et en gardera des séquelles neurologiques graves.
1949 Il publie les “Amants de Vérone”.
1950 Il publie “Des bêtes…”. Il écrit le dessin animé “le petit ramoneur” avec Paul Grimault qui sera repris pour créer en 1979, le dessin animé le Roi et l’Oiseau.
1951 Il publie “Spectacle” et “Grand Bal du printemps”.
1952 Jacques retourne à Paris et voyage à Londres. Il publie la “Lettre des îles Baladar” et “Guignol”.
1953 Il publie “L’Opéra de la lune”. Il devient Satrape du collège de Pataphysique.
1955 Il retourne définitivement a Paris et emménage dans le quartier des artistes de Montmartre et il publie “La pluie et le beau temps”.
1956 Il publie une composition pour “Joan Miró”.
1957 Il expose une soixante collages à la galerie Maeght à Paris.
1963 Il publie “Histoires et d’autres” et expose des collages dans plusieurs villes de France.
1966 Il publie “Fatras”.
1967 Il publie “Arbres”.
1971 Il achète une maison en Normandie à Omonville-la-Petite et a comme voisin son ami Alexandre Trauner.
1972 Il participe à Hebdromadaires.
1974 Jacques devient grand-pere de Eugénie, fille de Michèle et de Hugues Bachelot.
1977, 11 avril Jacques décède à Omonville-la-Petite.
Né avec le siècle à Neuilly-sur-Seine, dans un milieu de petits bourgeois trop dévots, dont il ne cessera de moquer les obsessions et les convenances, Jacques Prévert sera l’aîné des trois enfants qu’auront Suzanne Catusse et André Prévert. Il se passionera dès son plus jeune âge pour la lecture et le spectacle. A 15 ans, après son certificat d’études, il entreprend des petits boulots. Incorporé en 1920, il rejoint son régiment. Là, il forme un trio d’amis avec “Roro”, un garçon boucher d’Orléans, et Yves Tanguy qui sera envoyé peu après en Tunisie. Prévert, quant à lui partira pour Istanbul où il fera la connaissance de Marcel Duhamel. De retour à Paris en 1922, Jacques s’établira au 54, rue du Château qui sera bientôt le point de rencontre du mouvement surréaliste auquel participent Desnos, Malkine, Aragon, Leiris, Artaud sans oublier le chef de file André Breton. Prévert finira par prendre position contre l’autoritarisme du “Maître”. Un peu plus tard, il prendra ses distances avec le Parti communiste auquel il n’adhérera jamais.
Sa vie durant, il défendra les faibles, les opprimés, les victimes, avec une générosité bourrue mais toujours discrète. Avec Prévert, un univers à part se crée fuyant l’ordre voulu par Dieu et les “contre-amiraux” (l’une des nombreuses figures sociales qu’il tournait en dérision).
En 1933, le groupe de théâtre “Octobre” dont il fait parti, prend part à l’Olympiade du théâtre de Moscou obtenant un premier prix qui ne sera jamais remis…
Depuis lontemps Prévert écrit, participant à des créations collectives, mais de plus en plus, souvent avec son frère Pierre, il produit les scénarios de quelques-uns des sommets poétiques du cinéma français: “Le crime de Monsieur Lange” (1935) pour Jean Renoir, “Quai des brumes” (1935), “Drôle de drame” (1937), ” Le jour se lève” (1939), “Les visiteurs du soir” (1941), “Les enfants du paradis” (1944), “Les portes de la nuit” (1946), tous pour Marcel Carné. Enfin, “La bergère et le ramoneur” (1953) sera repris par Paul Grimault pour donner naissance, en 1979, à un dessin animé absolument fantastique intitulé “Le roi et l’oiseau”. Ses textes suscitent l’image et ses dialogues sont époustouflants de naturel, de justesse et d’humour.  Rayé des contrôles de l’armée en 1939, il quitte Paris l’année suivante et descend vers le sud s’établissant à la Tourette- sur-Loup, où Joseph Kosma, le photographe Trauner et bien d’autres encore le rejoignent pour travailler à des réalisations de films. acques Prévert écrit aussi de fabuleux poèmes en prose qu’il donne à son ami Kosma qui les met en musique pour Agnès Capri, Marianne Oswald, Juliette Gréco, les “Frères Jacques” ou encore Yves Montand pour ne citer que les plus célèbres. Les “Paroles” de Prévert seront réunies pour la première fois en 1945 par René Bertelé. Bien que certains libraires avaient prophétisés que “ça intéressent que quelques jeunes gens de Saint-Germain-des-Prés”, l’ouvrage est accueilli comme une immense bouffée d’oxygène dans le climat littéraire d’après la libération et est réédité à 5000 exemplaires dans la semaine suivant le jour de sa publication.
La deuxième guerre mondiale finie, Prévert revient à Paris. Ses poèmes sont sur toutes les lèvres ou dans le pli d’un collage, avec un parfum de bonheur nostalgique et de liberté retrouvée. Prévert restera toute sa vie d’un antimilitarisme à toute épreuve et son pacifisme ne souffrira aucun compromis.
Jacques Prévert s’éteindra auprès de sa femme Janine en 1977 à Omonville la petite.
Curieusement, c’est ce révolté qui avait en sainte horreur les institutions que la république des lettres allait couronner en baptisant de son nom quelques collèges et lycées et en le faisant entrer, à partir de 1992, dans l’illustre collection -sur papier bible!- de la Pléiade.
Jacques Prévert devenu un classique? On a du mal à s’y faire.
 

LE CLEZIO

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