JOURNÉE DE LA PAIX

31 01 2011

DURANT CETTE SEMAINE, NOUS ALLONS COMMÉMORER LA JOURNÉE DE LA PAIX: NOUS ÉCOUTERONS DES CHANSONS, VERRONS DES CLIPS VIDÉOS, NOUS LIRONS DES TEXTES, DES POÈMES …

  • PAUL ÉLUARD, LIBERTÉ, 1942

 (Pendant la guerre, engagé dans la Résistance, Paul Eluard participe au grand mouvement qui entraîne la poésie française, et le poème Liberté ouvre le recueil Poésie et Vérité paru en 1942.
Les textes qui forment ce recueil sont tous des poèmes de lutte. Ils doivent entrer dans la mémoire des combattants et soutenir l’espérance de la victoire : comme on le faisait pour les armes et les munitions, le poème Liberté à été, à l’époque, parachuté dans les maquis.)

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

LIBERTÉ.

         

  • RENAUD, MANHATTAN KABOUL

  • Petit Portoricain, bien intégré quasiment New-yorkais
    Dans mon building tout de verre et d’acier,
    Je prends mon job, un rail de coke, un café,
    Petite fille Afghane, de l’autre côté de la terre,
    Jamais entendu parler de Manhattan,
    Mon quotidien c’est la misère et la guerreDeux étrangers au bout du monde, si différents
    Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
    Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelleUn 747, s’est explosé dans mes fenêtres,
    Mon ciel si bleu est devenu orage,
    Lorsque les bombes ont rasé mon villageDeux étrangers au bout du monde, si différents
    Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
    Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle

    So long, adieu mon rêve américain,
    Moi, plus jamais esclave des chiens
    Vite imposé l’islam des tyrans
    Ceux là ont-ils jamais lu le coran ?

    Suis redev’nu poussière,
    Je s’rai pas maître de l’univers,
    Ce pays que j’aimais tellement serait-il
    Finalement colosse aux pieds d’argile ?

    Les dieux, les religions,
    Les guerres de civilisation,
    Les armes, les drapeaux, les patries, les nations,
    Font toujours de nous de la chair à canon

    Deux étrangers au bout du monde, si différents
    Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
    Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle

    Deux étrangers au bout du monde, si différents
    Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
    Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle.

  • BORIS VIAN, LE DÉSERTEUR

  •   Monsieur le Président
    Je vous fais une lettre
    Que vous lirez peut-être
    Si vous avez le temps
    Je viens de recevoir
    Mes papiers militaires
    Pour partir à la guerre
    Avant mercredi soir
    Monsieur le Président
    Je ne veux pas la faire
    Je ne suis pas sur terre
    Pour tuer des pauvres gens
    C’est pas pour vous fâcher
    Il faut que je vous dise
    Ma décision est prise
    Je m’en vais déserterDepuis que je suis né
    J’ai vu mourir mon père
    J’ai vu partir mes frères
    Et pleurer mes enfants
    Ma mère a tant souffert
    Elle est dedans sa tombe
    Et se moque des bombes
    Et se moque des vers
    Quand j’étais prisonnier
    On m’a volé ma femme
    On m’a volé mon âme
    Et tout mon cher passé
    Demain de bon matin
    Je fermerai ma porte
    Au nez des années mortes
    J’irai sur les cheminsJe mendierai ma vie
    Sur les routes de France
    De Bretagne en Provence
    Et je dirai aux gens:
    Refusez d’obéir
    Refusez de la faire
    N’allez pas à la guerre
    Refusez de partir
    S’il faut donner son sang
    Allez donner le vôtre
    Vous êtes bon apôtre
    Monsieur le Président
    Si vous me poursuivez
    Prévenez vos gendarmes
    Que je n’aurai pas d’armes
    Et qu’ils pourront tirer

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One response to “JOURNÉE DE LA PAIX”

11 06 2018
regard (18:20:12) :

Émouvant! Merci pour le partage!

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